LES CHRONIQUES DU FESTIVAL D'AVIGNON 2026





LA FILLE DE DON QUICHOTTE
de Clémence Rochefort
Mise en scène de Valentin Morel
Avec Clémence Rochefort
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Du 04/07/2026 au 25/07/2026
Tlj à 20h50 (relâche les 8, 15 et 22 juillet).
Au Coin de la Lune (La Luna)
54 rue Buffon
84000 AVIGNON
04 90 39 87 29
Site Internet
Dans l’ombre tendre de Jean Rochefort
Comment ne pas être sensible à l'évocation de Jean Rochefort, comédien drôle, au rire tonitruant et à la moustache éternellement liée à son succès. Homme discret et sympathique, il choisissait ses rôles toujours avec goût. Le public le savait aussi amoureux des chevaux.
Pour ma part, il fait partie de mes cinq comédiens français préférés, avec ce je-ne-sais-quoi de Lord anglais enveloppé dans une élégance raffinée tout en restant populaire.
Sur scène, sa fille Clémence Rochefort évoque la vie privée de son père à travers mille et une anecdotes, avec respect, humour et pudeur. Elle ne cherche jamais à fabriquer une légende supplémentaire : elle approche l’homme derrière l’acteur, ses doutes, ses fragilités, ses enthousiasmes, ses blessures aussi. Jean Rochefort doutait souvent de son talent, ce qui ne l’empêcha pas de mener une très belle carrière, traversée par des rôles inoubliables et une présence immédiatement reconnaissable.
Un échec pourtant le marqua profondément : celui du tournage inachevé de Don Quichotte de Terry Gilliam, en 2000. Il considérait ce rôle comme l’un des plus beaux de sa vie. L’abandon du film l’affecta durablement et le plongea dans une longue période de dépression. Clémence Rochefort aborde cet épisode avec délicatesse, sans insister lourdement, mais en laissant entendre combien ce rêve brisé fut douloureux.
Le spectacle vaut surtout par cette douceur du souvenir. Clémence Rochefort nous parle d’un père aimé, d’un comédien talentueux, mais aussi d’un homme traversé par le doute et la mélancolie. Sa parole, simple et affectueuse, donne à ce portrait une sincérité touchante.
La mise en scène légère de Valentin Morel épouse le texte avec justesse. Elle ne cherche ni l’effet ni l’esbroufe, préférant accompagner la parole, lui laisser de l’air, du silence et de la respiration. C’est peut-être ce qu’il fallait pour évoquer Jean Rochefort : de la finesse, de l’élégance, un sourire au bord de l’émotion.
On ressort de ce moment avec l’impression d’avoir approché, à pas feutrés, un homme que l’on croyait connaître et que l’on découvre encore plus attachant. Un hommage tendre, pudique et délicatement drôle.
Pour ma part, il fait partie de mes cinq comédiens français préférés, avec ce je-ne-sais-quoi de Lord anglais enveloppé dans une élégance raffinée tout en restant populaire.
Sur scène, sa fille Clémence Rochefort évoque la vie privée de son père à travers mille et une anecdotes, avec respect, humour et pudeur. Elle ne cherche jamais à fabriquer une légende supplémentaire : elle approche l’homme derrière l’acteur, ses doutes, ses fragilités, ses enthousiasmes, ses blessures aussi. Jean Rochefort doutait souvent de son talent, ce qui ne l’empêcha pas de mener une très belle carrière, traversée par des rôles inoubliables et une présence immédiatement reconnaissable.
Un échec pourtant le marqua profondément : celui du tournage inachevé de Don Quichotte de Terry Gilliam, en 2000. Il considérait ce rôle comme l’un des plus beaux de sa vie. L’abandon du film l’affecta durablement et le plongea dans une longue période de dépression. Clémence Rochefort aborde cet épisode avec délicatesse, sans insister lourdement, mais en laissant entendre combien ce rêve brisé fut douloureux.
Le spectacle vaut surtout par cette douceur du souvenir. Clémence Rochefort nous parle d’un père aimé, d’un comédien talentueux, mais aussi d’un homme traversé par le doute et la mélancolie. Sa parole, simple et affectueuse, donne à ce portrait une sincérité touchante.
La mise en scène légère de Valentin Morel épouse le texte avec justesse. Elle ne cherche ni l’effet ni l’esbroufe, préférant accompagner la parole, lui laisser de l’air, du silence et de la respiration. C’est peut-être ce qu’il fallait pour évoquer Jean Rochefort : de la finesse, de l’élégance, un sourire au bord de l’émotion.
On ressort de ce moment avec l’impression d’avoir approché, à pas feutrés, un homme que l’on croyait connaître et que l’on découvre encore plus attachant. Un hommage tendre, pudique et délicatement drôle.
Jeanne-Marie Guillou
24/07/2026

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