




Don Juan revient de la guerre
de Ödön Von Horvath
Mise en scène de Guy Pierre Couleau
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Du 04/07/2015 au 26/07/2015
20h. Relâche les 7, 14, 21 juillet.
Théâtre des Halles
4, rue Noël-Biret
84000 AVIGNON
04 90 85 52 57
Don Juan a perdu de sa superbe, au sortir de la guerre de 1914-1918...
Le Centre ramatique national d'Alsace (Comédie de l'Est) présente cette œuvre de Odön Von Horvath qui met en scène le personnage archétypal de Don Juan, le libertin séducteur qui jette un défi à la société et à la divinité, au péril de sa vie... Toutefois, le Don Juan d'Horvath n'a plus grand chose à voir avec le mythe: il n'est plus ici qu'un soldat survivant de la guerre de 1914-18, atteint de la grippe espagnole, à la recherche, dans l'Allemagne pré-Troisième Reich d'une jeune fille qu'il avait séduite puis abandonnée... Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'elle est morte... De chagrin et de folie ! Et qu'en effectuant ce voyage, il va vivre lui-même une odyssée dérisoire et magnifique vers sa propre mort. Tout au long de ce voyage, il va rencontrer de nombreuses femmes qu'il a connues et qui le reconnaissent pour ce qu'il fut jadis et vont le guider dans sa quête.
L'originalité de l'uvre est d'abord dans son écriture, sa structure... Horvath a dit que Don Juan rencontrait trente-cinq femmes jouées par beaucoup moins de comédiennes... Dans la mise en scène de Guy Pierre Couleau, deux seulement les incarnent successivement ou alternativement. De plus, jamais n'était apparue jusqu'ici aussi fortement cette propension du personnage de Don Juan à rechercher – désirer ? - sa propre mort, et en hiver, sous la neige. Il y a peut-être, en négatif, quelque chose de Werther en lui...
Le spectacle impose une économie de moyens propice à une sobriété de très bon aloi. La mise en scène est à la fois sobre et très chorégraphique. Les changements se font tous à vue : un seul élément de costume suffit à caractériser un personnage et, entre les actes, ce sont les comédien(ne)s eux-même qui effectuent les changements des très légers éléments de décors.Tout cela au service d'une mise en espace très fluide et dynamique magnifiquement servie elle aussi par deux excellentes comédiennes : Carolina Pecheny et Jessica Vedel, tandis que Nils Ohlund confère à son Don Juan la force fragile d'un personnage qui n'est déjà plus de ce temps...
L'originalité de l'uvre est d'abord dans son écriture, sa structure... Horvath a dit que Don Juan rencontrait trente-cinq femmes jouées par beaucoup moins de comédiennes... Dans la mise en scène de Guy Pierre Couleau, deux seulement les incarnent successivement ou alternativement. De plus, jamais n'était apparue jusqu'ici aussi fortement cette propension du personnage de Don Juan à rechercher – désirer ? - sa propre mort, et en hiver, sous la neige. Il y a peut-être, en négatif, quelque chose de Werther en lui...
Le spectacle impose une économie de moyens propice à une sobriété de très bon aloi. La mise en scène est à la fois sobre et très chorégraphique. Les changements se font tous à vue : un seul élément de costume suffit à caractériser un personnage et, entre les actes, ce sont les comédien(ne)s eux-même qui effectuent les changements des très légers éléments de décors.Tout cela au service d'une mise en espace très fluide et dynamique magnifiquement servie elle aussi par deux excellentes comédiennes : Carolina Pecheny et Jessica Vedel, tandis que Nils Ohlund confère à son Don Juan la force fragile d'un personnage qui n'est déjà plus de ce temps...
Henri Lepine
06/07/2015

PARIS
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