


Le Chateau de Barbe-Bleue - La Voix humaine
de Béla Bartok, Francis Poulenc
Mise en scène de Philippe Auguin, René Koering
-
-

Du 07/10/2011 au 11/10/2011
Vendredi 7 octobre à 20h, dimanche 9 octobre à 15h, mardi 11 octobre à 20h.
Opéra de Nice
4-6 rue Saint-François de Paule
06300 NICE
04 92 17 40 00
Site Internet
Deux mini-opéras à la troublante intemporalité. La Voix humaine et Le Château de Barbe-Bleue n’ont hélas pas attiré la foule des grands jours. Encore une fois les absents ont eu tort...
La Voix humaine évoque l’histoire d’une femme, abandonnée par son amant. Un banal drame de la rupture amoureuse, cruel et totalement intemporel. Pendant trois quarts d’heure, au téléphone, elle parle à cet homme, sans doute pour la dernière fois. Comme une amoureuse trahie, sans trop de cohérence. Comme une mendiante de l’amour, en s’agrippant désespérément à la voix adorée, cherchant une ultime fois à retenir cet homme qui veut la quitter sans heurt pour sans doute en épouser une autre... Dans ce monologue halluciné, tout y passe : les jours heureux, le passé, le présent, l’avenir ; elle nie la réalité pour se raccrocher en vain à la moindre parole d’espoir. Elle tient bon pourtant. Jusqu’au mensonge de trop qui fait rompre la digue de sa détresse. Sous nos yeux, elle souffre, s’affole, s’emporte pour soudain se calmer. En apparence seulement ?Car sa vie tient à ce fil. D’autant plus ténu que le système de communication souvent défaille. Les accrochages avec l’opératrice font souvent sourire, on pense irrésistiblement au Capitaine Haddock avec sa Boucherie Sanzot ! La mise en scène de René Kring, venue de Montpellier, immortalise de belle manière tout cela... Dans un loft américain (signé Virgil Kring) au design très bon chic bon genre avec vue imprenable, tel un luxueux catafalque, la belle délaissée nous donne la nauséeuse impression d’assister à un crime ou un suicide d’amour parfait : sans arme, sans corps, sans traces de sang...Sous la direction simplement parfaite de Philippe Auguin, Barbara Haveman transcende, comme jadis le faisait la créatrice du rôle Denise Duval, ce drame d’amour et d’éternité. En grande tragédienne, sans surcharge dramatique inutile. Talent rare, diction, français irréprochables. Poulenc et Cocteau rendus à leur vérité première. Fascinante diva !On retrouvait la même émotion forte dans la vision épurée, aux lumières très poétiques (Patrick Méeüs) voulue par René Kring pour Le Château de Barbe-Bleue de Bela Bartok. Avec l’aide de son librettiste Balasz, le compositeur hongrois déploie un lyrisme flamboyant, des feux de cathédrale. Comme pour mieux sacraliser le long calvaire de cet homme devant sa quatrième femme aimée qu’il va être obligé de condamner à la nuit éternelle. Dans cette luxuriance sonore passent par magie ici et là les ombres de Schumann, Wagner et Debussy. Comme pour mieux aussi enserrer les personnages dans un irrésistible entraînement vers l’inéluctable. L’assassinat de Barbe-Bleue ? Une voie sans issue pour Judith on sait que le Château figure la conscience même de son époux, en une sorte de psychanalyse sauvage qui va briser une à une toutes les résistances.Opéra de chef avant tout, Philippe Auguin se plie, précède même cette dialectique de cris et chuchotements. Une mise en épure, une ascèse rare avec des moments de gloire indéniables pour l’Orchestre Philarmonique de Nice : le lent surgissement de la musique derrière la voix du Barde, les violons solos à l’ouverture de la troisième porte, l’ouverture de la cinquième dans un geyser sonore jubilatoire rare... La simple nudité d’une partition étouffante, insupportable.Disposant d’une voix chaude, d’un registre très étendu vers l’aigu, Istvan Kovacs donna au Duc une stature profondément humaine, car digne d’amour. Des murmures, des plaintes, des soupirs, des confidences musicales et vocales inoubliables. Andrea Melàth, chargée d’angoisse, d’interrogation, d’espoir, délivre un discours digne de l’ampleur du mythe et du drame : simple et immense. Une femme profondément amoureuse trouvant au Lac des Larmes une véritable émotion, une intensité fragile, un magnétisme irrésistible, un vertige existentiel nous mettant mal à l’aise. Y voir là un compliment.
Christian Colombeau
11/10/2011

PARIS
Guichet-Montparnasse
de Emmanuel Darley
Mise en scène de Thierry De Pina
Il pensait traverser des frontières pour atteindre le bonheur. Il découvre surtout des murs invisibles, faits de peur, de silence et d’attente. Dans Pays bonheur ou le mercredi sans retour, Thierry de Pina incarne, pendant plus d’une heure, une variété de personnages qui illustrent le...
L'avis de Clément Freuzo
Guichet-Montparnasse
PARIS





Pays Bonheur
de Emmanuel DarleyMise en scène de Thierry De Pina
Il pensait traverser des frontières pour atteindre le bonheur. Il découvre surtout des murs invisibles, faits de peur, de silence et d’attente. Dans Pays bonheur ou le mercredi sans retour, Thierry de Pina incarne, pendant plus d’une heure, une variété de personnages qui illustrent le...
L'avis de Clément Freuzo
PARIS
Café-Théâtre Le Lieu
Georges Demory est presque ténor
de Georges Demory
Mise en scène de Georges Demory
Café-Théâtre Le Lieu
Georges Demory est presque ténor
de Georges Demory
Mise en scène de Georges Demory
PARIS
Studio Hébertot
La guerre de Troie n'aura pas lieu
de Jean Giraudoux
Mise en scène de Edouard Dossetto
Studio Hébertot
La guerre de Troie n'aura pas lieu
de Jean Giraudoux
Mise en scène de Edouard Dossetto

