
Le Dragon d'or
de Roland Schimmelpfennig
Mise en scène de Claudia Stavisky
Avec Jean-Claude Durand, Agathe Molière, Christophe Vandevelde, Thibault Vinçon, Claire Wauthion
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Du 17/03/2011 au 07/04/2011
Du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h.
Les Célestins
4 rue Charles-Dullin
69002 LYON
Métro Bellecour
04 72 77 40 00
Site Internet
Verticalité
Un take away asiatique quelque part en Europe qui s’appelle Le Dragon d’or. Cinq Asiatiques travaillent en cuisine, l’un d’entre eux est un jeune chinois rongé par un mal de dent. Il n’a pas de permis de séjour. Un balcon au-dessus du restaurant avec un vieil homme qui a un grand rêve, mais personne pour le réaliser, même pas ses petits enfants. Non loin de là, une cigale affamée est exploitée par les fourmis... Il arrive une chose improbable au jeune couple qui vit dans le grenier aménagé de l’immeuble, chose qui n’aurait jamais dû se passer. Un étage plus bas, une femme quitte son mari. L’épicier d’à côté a son petit business lucratif et insoupçonné. Une hôtesse de l’air trouve quelque chose dans sa soupe thaï qui a priori n’a rien à y faire... Toutes ces histoires se déroulent dans le même immeuble et ne sont reliées que par des fils ténus... une dent, par exemple.Le texte de Roland Schimmelpfennig ressemble à une sorte de collage, mêlant bribes de vie plutôt réalistes et échappées poétiques. La manière de l’interpréter privilégie elle aussi les juxtapositions : dialogues et narrations se succèdent ; les didascalies sont même prononcées, rompant toute illusion de réalité. Le fait que les comédiens interprètent chacun plusieurs personnages contribuent, en outre, au brouillage des voix et à ce caractère factice de l’action. Un univers très stylisé mais dans lequel on n’entre jamais est ainsi créé. Il est regrettable que l’émotion ne prenne pas. Le texte est trop abstrait, à la limite de l’absurde parfois, pour que le propos tenu sur la société contemporaine, observée par Schimmelpfennig, ne nous touche vraiment.En revanche, la scénographie est impeccable : une structure métallique verticale représente l’immeuble et permet aux personnages d’évoluer de haut en bas, sans vraiment communiquer les uns avec les autres ; des lumières qui projettent les ombres du grillage en arrière plan semblent symboliser une sorte de prison. L’ensemble s’offre comme une métaphore du monde moderne, un monde cruel où les gens ne se mélangent pas et où chacun est indifférent au malheur de son voisin. Chorégraphiés par Mourad Merzouki, les mouvements des comédiens dans ce décor sophistiqué sont savamment exécutés et contribuent à l’harmonie de cette scénographie. Dommage que le texte ne soit pas plus accessible car ce Dragon d’or est un pur plaisir pour les yeux.
Caroline Vernisse
22/03/2011

PARIS
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de Marc Samuel
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