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Gros plan sur Les trois coups de Benjamin Castaneda
A 37 ans, Benjamin Castaneda a l’oeil aiguisé, la placidité qui le dispute à l’audace, et une franche envie de vivre de son art, la mise en scène. Avec Cinq filles couleur pêche, De si tendres liens et Un Coeur de père, Benjamin Castaneda a ainsi bâti sa trilogie personnelle.

GROS PLAN
Affiche du spectacle
© X,dr
Comment un chargé d’assistance germanophone d’Axa se retrouve-t-il metteur en scène d’un succès du Off d’Avignon ? Comment un élève d’un cours de théâtre à Angers s’y prend-il pour diriger les comédiens d’une pièce de Christophe Botti au Clavel, en plein cœur du Paris branché ? A 37 ans, Benjamin Castaneda a l’œil aiguisé, la placidité qui le dispute à l’audace, et une franche envie de vivre de son art, sans passer par le costard cravate de cadre qui lui pendait pourtant au nez à une certaine époque bel et bien révolue.

"Tout a commencé à Angers avec Topaze, Les Fourberies de Scapin et ma professeure de français d’alors qui m’a donné le goût des planches." Benjamin avait alors 11 ans. Le théâtre le poursuivra jusqu’à la fac, comme un danseur qui va où on va, sans prendre trop de place mais sans jamais s’éclipser. Et puis, à 22 ans, c’est le Studio 34 de Philippe Brigaud. Il y rencontre une femme et de fil en aiguille, intègre l’Ecole de danse de salon Georges & Rosy, dans laquelle il dispensera des cours. La danse, passionnément, jusqu’à extinction des feux. Jusqu’au dégoût du métier, de son marigot, de son narcissisme boursouflé.

Benjamin rend les armes, intègre Axa en se promouvant germanophone (il a fait des études de langues). Fini Shakespeare, bonjour le chiffre. En 2008, pourtant, cinq ans après la capitulation, le guerrier se réveille. Le théâtre lui manque "trop". Un manque viscéral, abyssal, qui le condamne à la récidive. Cette fois, Benjamin ne veut pas se perdre, lui, l’hyperactif, qui ne jure que par la boulimie de travail : "Toujours plein de projets à la fois".

La mise en scène, il y vient doucement mais sûrement, après la rencontre marquante avec Maria Munk Faruggia dans un travail de comédien autour du personnage de saint Paul. "Cette femme m’a donné le goût de la direction d’acteur car elle m’a fait comprendre qu’on pouvait mener le comédien à être fier de son travail. Je le savais en théorie mais elle me l’a montré en pratique. Elle m’a permis de m’ancrer."

Assez vite, le premier grand projet arrive, dans un univers féminin pêchu et mâtiné d’American Beauty. Alan Ball ? Benjamin avait à peine vu son film. Pourtant, il se jette dans la mise en scène de Cinq filles couleur pêche avec exaltation. Paris, Avignon : le spectacle fera salle comble et durera deux ans, à la grande surprise de ses protagonistes. Frédérique Fricker, Barbara Lambert… Des comédiennes virevoltées qui insufflent à Benjamin leur fièvre. "J’étais très sage et les cinq filles m’ont rendu moins sage."

Caustique, inventive, burlesque, la comédie d’Alan Ball laisse la place à un autre texte, radicalement différent. De si tendres liens de Loleh Bellon lui permet de travailler les épineuses questions des secrets, des mensonges et de la transmission mère-fille. "J’ai creusé ma démarche expérimentale de metteur en scène en fouillant dans les failles de ces deux personnages féminins dans cette pièce achronologique, au cours de laquelle les époques se chevauchent."

C’est Françoise Levesque, comédienne dans De si tendres liens (le rôle de la mère) qui provoqua la rencontre entre Benjamin et Christophe Botti. Ce dernier lui a demandé de choisir entre les épisodes de sa trilogie ayant pour thème la vie amoureuse des gays. C’est vers Un Cœur de père qu’il alla, autour de la paternité et de l’homoparentalité. "Le principe de la trilogie me plaisait et j’ai facilement pu m’identifier aux personnages. De manière générale, j’aime les pièces bien ancrées dans le réel qui ne s’en vont pas tout de suite vers l’absurde. Il me faut ce repérage pour construire tout autour et aller dans les extrêmes par la suite."

Avec Cinq filles couleur pêche, De si tendres liens et Un Cœur de père, Benjamin Castaneda a ainsi bâti, au hasard des rencontres, toujours essentielles à l’acte artistique, sa trilogie personnelle de metteur en scène. "Le point commun à toutes ces aventures, c’est qu’elles m’ont toutes, à leur manière, donné l’envie d’y croire. J’ai besoin de cela pour me donner entièrement à un projet."


Publié le 21/04/2014

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