• Trio endiablĂ© Ă  la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens dĂ©jantĂ©s, des textes drĂ´les et percutants, voilĂ  la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournĂ©e en France.
  • Ne manquez pas ce spectacle Ă©bouriffant et drĂ´le qui tourne en rĂ©gion parisienne et en province !
  • ''<i>L’homme le plus aimĂ© des Français</i>'' revient parmi nous. Il nous raconte sa vie, affirmant que rien n’est dĂ©sespĂ©rĂ©.
  • Théâtre de papier, d’objets et de marionnettes, de la Cie Les Ateliers du capricorne pour les enfants (Ă  partir de 7 ans), d'après les dessins de SempĂ©.


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Othello
TNT Théâtre national de Toulouse (TOULOUSE)
de William Shakespeare
Mise en scčne de Thomas Ostermeier
Avec Sebastian Nakajew (Othello), Thomas Bading (Brabantio / Lodovico), Tilman Straub (Cassio), Stephan Stern (Iago), Niels Bormann (Roderigo), Erhard Marggraf (Doge), Ulrich Hoppe (Senator / Montano / Gratiano), Eva Meckbach (Desdemona), Luise Wolfram (Emilia), Ben Abarbanel-Wolff (saxophone), Thomas Myland (orgue / clavier), Nils Ostendorf (trompette), Max Weissenfeldt (percussions)

Quand la jalousie envahit l’esprit, elle empoisonne le coeur et fait perdre la raison.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 03/02/2012
au 04/02/2012

TNT Théâtre national de Toulouse
1 rue Pierre Baudis
31000 TOULOUSE
Réservations :
05 34 45 05 05
Site Internet
Après Le Songe d’une nuit d’été et Hamlet, la compagnie Schaubühne interprète une des dernières grandes tragédies de William Shakespeare, le magistral Othello. Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’histoire, Iago, le serviteur du général Othello, le More de Venise, ici rebaptisé Le Black, élabore un complot afin de se venger de son supérieur. Othello a promu lieutenant le jeune et inexpérimenté Cassio à la place de Iago. De plus, Iago est persuadé que sa femme Emilia l’a trompé avec Othello, selon une rumeur qui court. Aussi Iago sème-t-il le doute dans l’esprit d’Othello en lui suggérant que sa jeune et blanche épouse, Desdemona, le trompe avec le séduisant Cassio. Peu à peu, Othello se laisse convaincre et finit par voir ce qu’il veut et pourtant redoute de voir. Comme toute belle tragédie de Shakespeare, ça ne se termine pas en happy end.

Les œuvres de Shakespeare sont jouĂ©es, rejouĂ©es et rĂ©adaptĂ©es depuis des lustres. Il est un, si ce n’est le plus grand dramaturge repris dans le monde entier. Ce qui se comprend parfaitement du fait de l’intemporalitĂ© de ses pièces. Shakespeare ne nous parle pas d’une Ă©poque, il nous dĂ©voile l’Homme. Ses œuvres traitent des passions, des relations, des doutes. C’est l’humain que Shakespeare dĂ©cortique inlassablement et sous toutes les coutures. Avec Othello, il nous parle d’orgueil, de jalousie, de doute et comment un homme douĂ© de raison, de sang-froid et d’intelligence, peut-il perdre toute rĂ©flexion et constance par amour...

RedĂ©couvrir le texte d’Othello en allemand est captivant. Nous sommes bien loin de la sonoritĂ© musicale du texte dans sa langue originale. Cependant, cette œuvre se place dans un contexte d’affrontement militaire. Les protagonistes masculins sont tous des hommes de guerre, forts, droits et habituĂ©s Ă  donner ou Ă  obĂ©ir aux ordres. La langue allemande s'y prĂŞte parfaitement. Et les contrastes avec les femmes et les scènes plus romantiques ou de chute n'en sont que plus intenses.

Une scénographie moderne, contemporaine et étonnante marque cette création. Notamment avec certains passages filmés en direct et projetés en fond de scène. Les acteurs évoluent dans un grand carré placé au centre de la scène. La spécificité de ce carré, c’est qu’il est rempli d’eau. Une eau rouge et sombre comme le sang. Ce bassin, rempli au début, crée ainsi des reflets, des ondulations et des vibrations au rythme des acteurs, et se vide au fur et à mesure, pour se remplir de nouveau au dernier acte. La boucle est ainsi bouclée, on commence comme on finit avec le lit nuptial et mortuaire de Desdemona au centre de la scène, entouré d’eau. Deux grands panneaux lumineux s’ouvrent en fond de scène afin d’agrandir l’espace scénique et d’évoquer de nouveaux lieux. Visuellement, c’est très fort. Et financièrement, ça doit être la ruine ! Reste que ce choix "aquatique" permet une variété de jeux surprenante.

La pièce se situe à Venise puis en mer et enfin à Chypre. L’eau y trouve tout à fait sa place tant d’un point de vue géographique qu’émotionnel. Les personnages se laissent submerger par leurs émotions, ils se noient et finissent par couler. On ne peut s’empêcher de se demander comment les acteurs font pour ne pas tomber malades... Ils sont constamment les pieds dans l’eau ! Pour les plus chanceux, les pieds seulement, car certains, notamment Roderigo (interprété par Niels Bormann) qui se noie à plusieurs reprises, sont complétement trempés du début à la fin... Et la pièce dure quand même deux heures trente !

La musique occupe une part essentielle de cette version. Les musiciens, toujours à vue sur scène ou dans leur espace côté cour, jouent de plusieurs instruments et accompagnent les personnages dans leur chute. La musique du groupe The Polydelic Souls se marie avec la mise en scène et soutient le jeu des acteurs. Elle permet notamment des parties plus "crazy" lorsque Iago, un micro à la main, en maitre de cérémonie, s’adresse au public. Iago fait son show : vêtu de sa veste blanche à paillettes, il nous évoque un petit d’air d’Elvis. C’est décalé et génial.

D’autant plus que cette création est servie par de bons comédiens. Tilman Straub, Cassio, est parfait en jeune lieutenant séduisant et très fièr, propre sur lui et gonflé d’orgueil. Ce qui ne l’empêche pas de faire appel à des prostituées et de perdre tout contrôle lorsqu’il a trop bu... Stefan Stern, Iago, le personnage central de la pièce, est superbe dans son jeu. Jeune, blond, fin et mignon, il possède une gueule d’ange qui se transforme en diablotin lorsqu’il jubile de l’élaboration et de la réussite de son plan. Il est sincère lorsqu’il se joue d’Othello et on lui donnerait le bon dieu sans confession. Il capte le public et en fait son témoin, son confident.

Mais le jeu le plus remarquĂ© est sans conteste celui de Sebastian Nakajew. Cet homme puissant, droit et imposant, perd complètement les pĂ©dales et se ratatine petit Ă  petit tant il est accablĂ© de chagrin par cette fausse trahison. Othello est un rĂ´le complexe et difficile. Homme de guerre et de stratĂ©gie, il perd toute conscience lorsqu’il est touchĂ© au cœur. Sebastian Nakajew se met Ă  nu, littĂ©ralement, pour nous offrir un Othello nuancĂ© quoiqu’un peu trop colĂ©rique et violent.

Les tragĂ©dies de Shakespeare sont riches. Très riches. Les deux heures trente de spectacle pourraient encore ĂŞtre raccourcies, le texte ayant dĂ©jĂ  subi quelques coupures. Mais plus que tout, certaines scènes sont lentes et gagneraient en intensitĂ© si le rythme s'accĂ©lĂ©rait. Cette adaptation, qui n'en demeure pas moins rĂ©ussie, nous offre une nouvelle lecture de cette œuvre grandiose et intemporelle. Une sorte de ballet aquatique sur fond de mensonges et de trahison.
Mis à jour le 07/02/2012
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